PER : à qui ça sert vraiment (et comment éviter les mauvaises surprises)

PER : à qui ça sert vraiment (et comment éviter les mauvaises surprises)
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Le Plan Épargne Retraite (PER) est devenu en quelques années l’un des produits d’épargne les plus mis en avant pour préparer sa retraite. Mais derrière ses avantages fiscaux alléchants et ses promesses de sécurité, le PER est-il vraiment adapté à tous les profils ? À qui s’adresse-t-il en priorité, et comment éviter les pièges qui guettent les épargnants mal informés ? Cet article vous propose un tour d’horizon complet, des cas concrets et des conseils pratiques pour prendre la meilleure décision selon votre situation.

Qu’est-ce que le PER ?

Le Plan Épargne Retraite (PER) a été créé par la loi Pacte en 2019 pour simplifier et harmoniser les dispositifs d’épargne retraite existants. Il se décline en trois grandes familles :

  • Le PER individuel (PERin), ouvert à tous, remplace le PERP et le contrat Madelin.
  • Le PER collectif (PERECO), proposé par l’employeur à l’ensemble des salariés, succède au PERCO.
  • Le PER obligatoire (PERO), mis en place par l’entreprise pour une catégorie de salariés ou tous les salariés, remplace l’article 83.

Le principe : vous versez de l’argent sur votre PER tout au long de votre vie active et récupérez votre épargne, en rente ou en capital, au moment de la retraite. Le succès du PER repose surtout sur ses incitations fiscales et sa souplesse, mais tous les profils n’en tirent pas les mêmes bénéfices.

À qui le PER est-il vraiment destiné ?

Les actifs imposés : les principaux gagnants

Le premier public qui a intérêt à ouvrir un PER, ce sont les personnes qui paient de l’impôt sur le revenu, surtout si elles sont taxées dans les tranches à 30 % ou plus. Pourquoi ? Parce que chaque versement sur un PER (dans la limite d’un certain plafond) est déductible du revenu imposable, ce qui permet de réaliser une économie d’impôt immédiate. Plus votre taux marginal d’imposition est élevé, plus le gain fiscal est important.

Exemple : Si vous êtes imposé à 30 % et que vous versez 3 000 € sur votre PER, vous économisez 900 € d’impôt cette année-là. Attention, il faudra tenir compte de l’imposition à la sortie (voir plus bas).

Les indépendants et professions libérales

Le PERin remplace l’ancien contrat Madelin, très prisé par les indépendants et professions libérales. Pour ces profils, le PER est souvent le seul véritable outil d’épargne retraite avec une déduction fiscale significative. Il permet de se constituer un complément de retraite tout en optimisant sa fiscalité pendant la phase d’activité.

Les salariés bénéficiant de dispositifs d’entreprise

Le PER collectif et le PER obligatoire, proposés par l’employeur, sont d’autant plus attractifs qu’ils peuvent être abondés (c’est-à-dire alimentés) par l’entreprise en plus des versements personnels. C’est un excellent moyen de profiter d’un « bonus » pour préparer sa retraite. Et, dans certains cas, l’abondement de l’employeur n’est pas imposable, ce qui renforce l’intérêt du dispositif.

Les futurs retraités souhaitant diversifier leur patrimoine

Pour les personnes proches de la retraite, le PER peut être un moyen de transférer des anciens produits d’épargne retraite (PERP, Madelin, article 83, PERCO) vers un dispositif plus souple, permettant par exemple de sortir 100 % en capital (hors certains cas pour les PER obligatoires).

Les épargnants en quête de flexibilité

Le PER a introduit la possibilité de sortie en capital à la retraite, mais aussi en cas d’accident de la vie ou d’achat de la résidence principale. Cette souplesse intéresse particulièrement les actifs souhaitant garder des options ouvertes, contrairement aux anciens contrats souvent plus rigides.

Qui doit éviter le PER (ou l’utiliser avec précaution) ?

  • Les personnes faiblement imposées ou non imposables : Si vous ne payez pas (ou très peu) d’impôt sur le revenu, l’avantage fiscal à l’entrée disparaît. Il vaut mieux privilégier d’autres placements (livret A, assurance vie) qui restent accessibles et liquides.
  • Ceux qui anticipent une forte hausse de revenus à la retraite : Si vous pensez être plus imposé à la retraite qu’en activité (cas rare, mais possible), la déduction à l’entrée perd de son intérêt, car la sortie sera davantage taxée.
  • Les personnes à l’épargne « bloquée » : Même si le PER offre des cas de déblocage anticipé (achat de la résidence principale, accident de la vie), c’est un placement de long terme. Si vous risquez d’avoir besoin de votre argent avant la retraite, mieux vaut opter pour des placements plus liquides.
  • Ceux qui ne veulent pas prendre de risque : La performance du PER dépend de l’orientation choisie. Les fonds en euros sont sécurisés mais peu rémunérateurs, les unités de compte sont plus dynamiques, mais aussi plus risquées.

Les avantages du PER à bien comprendre

  • Déduction fiscale à l’entrée : Les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable, dans la limite annuelle du plafond (10 % des revenus professionnels, avec un minimum).
  • Sortie flexible à la retraite : Possibilité de choisir entre une sortie en rente, en capital, ou un mix des deux.
  • Transférabilité : Il est possible de transférer d’anciens contrats retraite (PERP, Madelin, PERCO, article 83) vers le PER pour rationaliser son épargne.
  • Déblocage anticipé : En cas d’achat de la résidence principale ou d’accident de la vie (invalidité, décès du conjoint, surendettement, etc.).

Les inconvénients et pièges à éviter

L’imposition à la sortie

C’est le point le plus délicat et souvent mal compris : si les versements sont déduits à l’entrée, alors la sortie (rente ou capital) sera imposée à la retraite. Cela peut réserver de mauvaises surprises à ceux qui n’ont pas bien anticipé leur taux d’imposition futur.

  • Sortie en rente : La rente est imposée comme une pension de retraite (revenus imposables + prélèvements sociaux à 17,2 %).
  • Sortie en capital : Le capital est soumis à l’impôt sur le revenu pour la part correspondant aux versements déduits, et aux prélèvements sociaux pour la part des gains.

Il peut donc être judicieux de calculer le gain fiscal réel en tenant compte de la fiscalité future. Un simulateur ou l’aide d’un conseiller peut s’avérer utile.

Les frais parfois élevés

Comme pour beaucoup de produits financiers, les frais peuvent grignoter une partie de votre rendement :

  • Frais sur versement
  • Frais de gestion annuels
  • Frais d’arbitrage (si vous changez la répartition de votre épargne)
  • Frais de sortie en rente ou en capital

Il est donc indispensable de comparer les offres et de négocier les frais (surtout sur internet ou via des courtiers spécialisés).

Le risque de blocage

Le PER est conçu pour la retraite. Même si des cas de déblocage existent, ce n’est pas un placement liquide. Si vous avez besoin de votre épargne avant la retraite (hors achat de la résidence principale ou accident de la vie), vous ne pourrez pas la récupérer facilement.

Comment choisir son PER ?

Comparer les contrats

Il existe de nombreux PER sur le marché, proposés par des banques, des assureurs ou des gestionnaires d’actifs. Voici les critères à examiner :

  • Frais : Comparez les frais sur versement, de gestion, d’arbitrage et de sortie.
  • Choix des supports d’investissement : Optez pour un PER qui propose une large gamme de fonds, dont des fonds euros sécurisés et des unités de compte diversifiées.
  • Performance passée : Sans préjuger de l’avenir, la performance historique donne une idée de la qualité de gestion.
  • Facilité de gestion : Possibilité de gérer en ligne, d’arbitrer facilement, de modifier les bénéficiaires, etc.
  • Souplesse à la sortie : Certains PER facilitent le choix entre rente et capital, ou permettent une sortie progressive.

Bien choisir sa gestion financière

La plupart des PER proposent une gestion pilotée à horizon : plus vous êtes jeune, plus votre épargne est investie sur des supports dynamiques (actions, immobilier), puis progressivement sécurisée à l’approche de la retraite. Vous pouvez aussi choisir une gestion libre, mais cela demande plus de suivi et de connaissances.

Se poser les bonnes questions avant d’ouvrir un PER

  • Ai-je intérêt à la déduction fiscale à l’entrée ?
  • Quel sera (probablement) mon taux d’imposition à la retraite ?
  • Ai-je des besoins d’épargne à court ou moyen terme ?
  • Quel niveau de risque suis-je prêt à accepter ?
  • Ai-je déjà d’autres produits d’épargne retraite à transférer ?

Exemples concrets selon les situations

Cas 1 : Salarié imposé à 30 %

Marie, 42 ans, cadre, verse 5 000 € par an sur un PER. Son taux d’imposition est de 30 %. Elle économise 1 500 € d’impôt chaque année. À la retraite, ses revenus baisseront et elle sera imposée à 11 %, ce qui rend l’opération fiscalement très avantageuse.

Cas 2 : Indépendant avec revenus variables

Paul, consultant freelance, connaît des hauts et des bas dans son activité. Lorsqu’il réalise une bonne année, il verse le maximum sur son PER pour réduire son impôt. Les années plus creuses, il limite ses versements.

Cas 3 : Non imposable

Sophie, 28 ans, débute dans la vie active et n’est pas imposable. Elle préfère épargner sur une assurance vie, qui reste accessible à tout moment, plutôt que sur un PER qui ne lui apporterait pas d’avantage fiscal et bloquerait son argent.

Cas 4 : Achat de la résidence principale

Julien, 35 ans, souhaite acheter sa première maison dans 3 ans. Il peut utiliser son PER pour débloquer son épargne en cas d’achat de résidence principale, mais il doit vérifier les conditions et les éventuelles conséquences fiscales avant de s’engager.

Conseils pour éviter les mauvaises surprises avec le PER

  • Ne pas sous-estimer la fiscalité à la sortie : Faites une simulation de votre impôt à la retraite avant d’ouvrir un PER et anticipez l’impact sur vos revenus.
  • Comparer les frais : Un PER trop chargé en frais peut voir sa rentabilité diminuer fortement sur le long terme.
  • Vérifier la qualité des supports : Un PER proposant uniquement des fonds médiocres limitera vos chances de faire fructifier votre épargne.
  • Éviter le « tout PER » : Diversifiez vos placements (assurance vie, immobilier, épargne de précaution) pour garder de la flexibilité.
  • Profiter des transferts : Si vous avez d’anciens contrats retraite, transférez-les vers un PER pour bénéficier de la sortie en capital, plus souple.
  • Adapter vos versements à votre situation : Il n’est pas obligatoire d’alimenter un PER chaque année. Vous pouvez moduler selon vos capacités, notamment pour lisser l’impact fiscal.

Pour ceux qui souhaitent aller plus loin dans la gestion de leur budget et de leur épargne, il existe des méthodes éprouvées permettant de mieux organiser ses finances. Par exemple, apprendre à répartir ses dépenses grâce à la méthode des enveloppes peut s’avérer très complémentaire à une stratégie d’épargne retraite.

Questions fréquentes sur le PER

Peut-on transférer son PER ?

Oui, vous pouvez transférer un ancien PERP, Madelin, PERCO ou article 83 vers un PER, et même changer d’établissement pour obtenir de meilleures conditions.

Quels sont les cas de déblocage anticipé ?

  • Achat de la résidence principale
  • Invalidité, décès du conjoint, surendettement, expiration des droits chômage, cessation d’activité non salariée à la suite d’un jugement de liquidation judiciaire

Le PER est-il sécurisé ?

Comme tout placement financier, il existe un risque sur la partie investie en unités de compte (actions, immobilier…). Les fonds en euros sont sécurisés mais rapportent peu. Adaptez la répartition selon votre profil de risque et votre horizon de placement.

Aller plus loin dans l’optimisation de son épargne et de son budget

Bien choisir son PER, c’est avant tout se poser les bonnes questions sur sa situation fiscale, son besoin de liquidité, son appétence au risque et ses projets de vie. Il n’existe pas de réponse unique : le PER peut être un formidable outil d’optimisation, mais il peut aussi se révéler un mauvais choix si l’on n’anticipe pas les conséquences fiscales ou si l’on surestime son besoin d’épargne retraite.

Pour vous assurer de faire le bon choix, n’hésitez pas à solliciter l’avis d’un conseiller indépendant et à multiplier les comparatifs avant de vous engager. Et rappelez-vous : la clé d’un budget sain passe aussi par l’organisation du quotidien, que ce soit pour votre épargne ou pour vos dépenses courantes. Par exemple, appliquer quelques astuces pour laine en machine ou savoir protéger ses plantes du manque d’humidité contribue à préserver vos biens et donc votre pouvoir d’achat.

Le PER est un outil puissant, à manier avec discernement : informez-vous, comparez, et gardez toujours une vision globale de votre stratégie d’épargne et de gestion financière.

A propos Nathalie Leclerc 2550 Articles
Nathalie Leclerc est une journaliste spécialisée en santé et médecine, mère de deux enfants et fervente adepte d'un mode de vie sain et écologique. Elle combine son expertise en santé familiale et nutrition avec un engagement pour les produits bio et le ménage écologique, offrant des conseils pratiques et éclairés à ses lecteurs. Sa passion pour un bien-être accessible et durable fait d'elle une ressource précieuse pour naviguer dans les défis de la santé moderne.

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