Épluchures : ce qu’on peut garder (et ce qu’il vaut mieux jeter)

Épluchures : ce qu’on peut garder (et ce qu’il vaut mieux jeter)
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Chaque fois que l’on prépare des fruits ou des légumes, une question revient : que faire de toutes ces épluchures ? Faut-il systématiquement les jeter ou, au contraire, peut-on les utiliser autrement ? Longtemps considérées comme de simples déchets, les pelures ont aujourd’hui le vent en poupe dans nos cuisines. Elles peuvent se transformer en ingrédients précieux, sources d’économie, de créativité et même de bienfaits pour la santé… à condition de savoir lesquelles garder et lesquelles éviter. Découvrez dans cet article complet comment adopter les bons réflexes pour tirer le meilleur parti de vos épluchures, tout en préservant votre santé et l’environnement.

Pourquoi s’intéresser aux épluchures ?

Avant de détailler ce qu’on peut garder ou non, il est utile de comprendre pourquoi les épluchures méritent notre attention. En plus d’être un moyen simple de réduire le gaspillage alimentaire, elles regorgent souvent de nutriments, de fibres et d’arômes. Certaines sont d’ailleurs au cœur de recettes anti-gaspi tendances : chips, bouillons, infusions, ou encore compost maison. Mais attention, toutes les peaux ne se valent pas !

Les avantages à conserver certaines épluchures

  • Économies : moins de déchets, plus de matières premières à utiliser.
  • Richesse nutritionnelle : vitamines, antioxydants et fibres concentrés dans la peau.
  • Saveurs originales : les pelures apportent du goût et de la texture à de nombreux plats.
  • Écologie : moins de déchets à la poubelle, moins de déchets à traiter.

Mais aussi des précautions à prendre

  • Résidus de pesticides : les peaux concentrent souvent les produits chimiques.
  • Risque de toxicité : certaines épluchures contiennent des substances indésirables.
  • Problèmes de digestion : certaines pelures sont difficiles à digérer pour certaines personnes.

Il est donc essentiel de savoir distinguer les épluchures à conserver de celles à jeter, et de bien les préparer.

Les épluchures qu’on peut garder (et comment les utiliser)

Voici une liste non exhaustive des épluchures courantes que vous pouvez récupérer, sous réserve qu’elles proviennent de produits bio ou non traités. Pensez toujours à bien les laver et à les brosser avant utilisation.

Pommes de terre

Les pelures de pommes de terre (bio de préférence) sont riches en fibres et en potassium. Transformez-les en chips au four : mélangez-les avec un peu d’huile, du sel, des épices, puis enfournez jusqu’à ce qu’elles soient dorées et croustillantes. Elles peuvent aussi enrichir un bouillon de légumes.

Carottes

Les épluchures de carotte sont comestibles et pleines de bêta-carotène. Ajoutez-les dans vos soupes, bouillons ou râpez-les pour les incorporer à des galettes de légumes maison.

Courgettes, concombres et aubergines

La peau de ces légumes contient beaucoup de fibres et d’antioxydants. Gardez-la pour les ratatouilles, les poêlées, ou même en chips. Pour le concombre, la peau apporte du croquant dans les salades, à condition de bien le laver.

Pommes

La peau de pomme bio est un concentré de vitamines et de pectine. Utilisez-la pour réaliser des gelées, des chips, ou dans des compotes pour une texture plus épaisse. Elle peut aussi servir à parfumer une infusion maison.

Poireaux

Les parties vertes et les pelures extérieures du poireau sont excellentes pour préparer un bouillon. Elles donnent du goût et peuvent ensuite être mixées dans une soupe.

Oignons et échalotes

Les pelures d’oignons et d’échalotes apportent une belle couleur et du goût aux fonds de sauce et aux bouillons. Il suffit de les retirer avant de servir.

Agrumes (oranges, citrons, pamplemousses)

Le zeste des agrumes (uniquement non traités) est très aromatique. Prélevez-le pour parfumer vos desserts, vos sauces ou vos marinades. Les pelures entières peuvent aussi être confites ou utilisées pour fabriquer des produits ménagers naturels, comme expliqué dans nos astuces avec bicarbonate.

Bananes

La peau de banane (bio uniquement) peut surprendre : on peut l’incorporer dans des cakes (après cuisson ou mixage), en faire des chips, ou encore l’utiliser comme engrais au jardin.

Radis et navets

Leur peau est fine et comestible. Gardez-la pour les consommer râpés ou simplement lavés dans vos salades.

Patates douces

La peau de la patate douce est tendre et savoureuse après cuisson. Elle s’utilise dans des gratins, des chips ou des soupes.

Courges et potimarrons

La peau du potimarron (et de certaines courges bio) devient fondante à la cuisson et se mange sans problème. Idéal dans les veloutés ou au four.

Kiwi et mangue

Pour les plus audacieux, la peau du kiwi (bien frottée) se mange et apporte un goût acidulé. Celle de la mangue, riche en antioxydants, peut être utilisée en infusion, séchée ou mixée dans des smoothies (attention, la texture est fibreuse).

Les épluchures à éviter ou à jeter

Certaines pelures sont à proscrire, soit parce qu’elles contiennent des substances potentiellement toxiques, soit parce qu’elles sont indigestes ou peu appétissantes. Voici les principales :

Pommes de terre non bio, germées ou vertes

Les pommes de terre conventionnelles peuvent contenir des résidus de pesticides. De plus, si la peau est verte ou si le légume a germé, elle renferme de la solanine, un composé toxique. Jetez-les systématiquement.

Épluchures de melon, pastèque, ananas

La peau de ces fruits est très dure, fibreuse et difficilement utilisable, même cuite. Elle n’apporte rien en cuisine et peut être porteuse de bactéries.

Agrumes non bio

Les zestes d’agrumes conventionnels sont souvent traités après récolte avec des produits chimiques. Il est préférable de ne pas les consommer.

Pois, haricots, fèves (peaux externes)

Les cosses de ces légumineuses sont trop fibreuses et dures à digérer. Mieux vaut les composter.

Aubergines traitées

La peau peut contenir des résidus d’intrants chimiques. Privilégiez les légumes bio si vous voulez la consommer.

Pelures de légumes abîmés ou moisis

Ne gardez jamais des épluchures issues de légumes ou fruits qui présentent des traces de moisissure, de pourriture ou de maladie. Les toxines peuvent se retrouver dans la pelure.

Bien préparer ses épluchures avant utilisation

Même pour les épluchures comestibles, quelques précautions sont nécessaires :

  • Privilégiez toujours les produits issus de l’agriculture biologique ou non traités.
  • Lavez soigneusement les fruits et légumes à l’eau claire, en les brossant si besoin.
  • Séchez-les correctement pour éviter la prolifération de bactéries.
  • Consommez rapidement les épluchures, ou congelez-les si vous souhaitez les utiliser plus tard.

Pour limiter le risque de contamination, évitez de conserver les pelures dans des conditions humides ou à température ambiante trop longtemps.

Des idées malines pour cuisiner les épluchures

Réutiliser les épluchures, c’est aussi faire preuve de créativité. Voici quelques inspirations faciles et savoureuses à tester :

Chips d’épluchures

  • Pommes de terre, patates douces, carottes, panais : mélangez les pelures avec un filet d’huile et des épices, puis enfournez à 180°C pendant 10 à 15 minutes.
  • Betterave : pelures croustillantes et colorées pour un apéritif original.

Bouillons maison

Conservez les pelures d’oignon, de carotte, de poireau, de céleri et de pomme de terre (bio) dans un sachet au congélateur. Lorsque vous en avez assez, faites-les mijoter dans de l’eau avec quelques aromates pour créer un bouillon maison, sans additifs.

Infusions et décoctions

Les pelures d’agrumes, de pomme ou de poire parfument à merveille une eau chaude, avec un peu de cannelle ou de gingembre.

Gâteaux et cakes

La peau de banane mixée s’intègre dans la pâte d’un banana bread, tandis que le zeste d’agrumes relève les cakes et madeleines.

Confitures et gelées

Les peaux de pommes et de poires, riches en pectine, permettent de donner de la tenue à vos confitures maison, tout en renforçant leur saveur.

Engrais naturel et compost

Toutes les épluchures non consommées (hors agrumes en trop grande quantité) se recyclent en compost pour enrichir la terre du jardin ou des plantes d’intérieur.

Épluchures et santé : ce qu’il faut savoir

Si les pelures sont riches en nutriments, elles peuvent aussi accumuler des substances indésirables. Voici quelques conseils pour consommer les épluchures sans risque :

  • Évitez les pelures de fruits et légumes traités chimiquement.
  • Ne consommez pas les épluchures de pommes de terre vertes ou germées, ni celles de légumes abîmés.
  • En cas de doute, mieux vaut jeter plutôt que risquer une intoxication.
  • Certains troubles digestifs peuvent être aggravés par une consommation excessive de fibres (présentes dans les peaux). Adaptez votre consommation selon votre tolérance.

Dans tous les cas, si vous ressentez des troubles inhabituels après consommation d’épluchures, n’hésitez pas à consulter les conseils de notre article symptômes nécessitant un avis médical.

Organiser sa cuisine pour mieux valoriser les épluchures

Pour profiter pleinement des bienfaits des épluchures, l’organisation en cuisine est essentielle. Prévoyez un récipient dédié pour stocker les pelures propres que vous souhaitez cuisiner, et un autre pour celles destinées au compost. Si vous souhaitez aller plus loin dans la gestion de vos repas et limiter le gaspillage, n’hésitez pas à consulter notre guide pour planifier les repas de la semaine : il regorge d’astuces pour optimiser votre temps, vos courses et votre créativité en cuisine.

Pour aller plus loin : réduire, réutiliser, recycler

Savoir quoi faire des épluchures, c’est aussi adopter un état d’esprit anti-gaspi dans toute la maison. Pensez à valoriser les pelures non consommées dans votre jardin, à réaliser des produits ménagers naturels (lessive, nettoyant multi-usages), ou encore à sensibiliser votre entourage à ces gestes simples mais utiles. Pour d’autres idées, piochez dans nos astuces bicarbonate efficaces.

En conclusion, toutes les épluchures ne se valent pas, mais beaucoup peuvent être de véritables alliées au quotidien pour cuisiner, jardiner et consommer autrement. Il suffit d’adopter les bons réflexes, de privilégier le bio, de bien nettoyer vos fruits et légumes, et d’oser tester de nouvelles recettes. À vous de jouer : la prochaine fois que vous préparez un repas, jetez un autre regard sur ce que vous pensiez être des déchets, et faites-en des trésors !

A propos Nathalie Leclerc 2598 Articles
Nathalie Leclerc est une journaliste spécialisée en santé et médecine, mère de deux enfants et fervente adepte d'un mode de vie sain et écologique. Elle combine son expertise en santé familiale et nutrition avec un engagement pour les produits bio et le ménage écologique, offrant des conseils pratiques et éclairés à ses lecteurs. Sa passion pour un bien-être accessible et durable fait d'elle une ressource précieuse pour naviguer dans les défis de la santé moderne.

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